ENTRE LES SONS, MON HISTOIRE M’ACCOMPAGNE
Au moment où j’ai découvert l’existence des musiques traditionnelles il y a 20 ans, auprès d’une amie accordéoniste, j’ai pris conscience de ce que signifiait la transmission orale de génération en génération, d’une langue, d’une culture, d’une musique. J’ai mesuré l’importance du revivalisme dans l’histoire des musiques traditionnelles en France, des cultures populaires, et j’ai réalisé que cette histoire était aussi celle de ma famille, en particulier celle de ma grand-mère née en 1920. Ayant rejeté sa langue maternelle, le poitevin, dévalorisée par l’état français, sa connaissance et sa pratique de la langue ne se sont pas transmises aux générations lui succédant. J’ai découvert assez tard que son père jouait du violon, du « tin-tin », le soir après ses journées de travail, ou lors des mariages. Ces bribes d’histoires familiales, transmises par ma grand-mère, ont nourrit mon intérêt pour les cultures et musiques traditionnelles, et m’accompagnent dans mon cheminement et mes recherches à travers ces musiques.
NOTE D’INTENTION
Puiser dans les collectages qui me touchent, m’en imprégner, interpréter et faire sonner ces mélodies, ces chants, à travers une approche modale et micro-tonale. Ornementations, variations, improvisations modales et improvisations libres, respirations, recherches sonores…autant de façons d’interagir et de jouer (avec) les musiques traditionnelles occitanes et poitevines.
EXPLORER L’ « ENTRE » ENTRE est mon premier concert solo. Je souhaite y explorer des chemins de traverse entre les musiques traditionnelles, expérimentales et improvisées, des chemins de rencontres, de frottements, de surprises. Une envie d’ouvrir des espaces. J’aime l’idée d’explorer les espaces « entre » : hauteurs de notes « entre-deux » avec la micro- tonalité, rythme « entre binaire et ternaire » avec l’élasticité du temps, rapprochements et écarts « entre Poitou et Occitanie », ponts et liens « entre musiques traditionnelles, expérimentales et improvisées ». Je vois ces espaces comme des espaces de liberté, d’expérimentation, de recherche, qui s’ouvrent, où je m’autorise à créer.
ENTRE BAL ET MUSIQUES IMPROVISÉES
Musicienne de bal depuis plus de 15 ans, je ressens aujourd’hui l’envie et la nécessité d’emprunter de nouveaux chemins et terrains d’expression, en puisant dans ma pratique des musiques traditionnelles à danser, et en allant vers des pratiques de musiques traditionnelles plus libres, pas nécessairement basées sur la cadence, en cherchant et en créant des liens avec ma pratique des musiques improvisées (improvisation libre, improvisation modale). ME
RAPPROCHER DES SOURCES POUR CRÉER
Grâce à la formation « Caminaires#1 » (2022-2023), j’ai approfondi mon rapport aux musiques traditionnelles occitanes, en analysant plus précisément les collectages, les modes, la micro- tonalité. C’est tout un monde qui s’est ouvert. J’ai commencé à comprendre et interpréter ces musiques d’une nouvelle façon. J’ai développé une approche à la fois plus proche des sources mais aussi plus libre, personnelle et créative.
RECHERCHES SONORES ET CORPS EN JEU
Avec mon quinton je recherche et expérimente une palette de sonorités variées, à travers différents modes de jeu et des préparations (résonnateur à ressorts, distorsion acoustique). Je développe un jeu bourdonnant, aux sonorités qui frottent ou s’unissent, avec des effets de contraste, entre fortes densités et sons à peine perceptibles. Je joue de la rencontre des sons entre eux. Le jeu rythmique au tun-tun, aux pieds, et aux grelots, me permet de rentrer dans un dispositif de type « femme-orchestre ». Je fais interagir ces différents instruments, comme différentes parties de moi-même, en donnant à entendre et à voir le corps en jeu.
CHANT ET VOIX
Le chant (français, occitan, poitevin) est pour moi une façon de prendre la parole, de m’exprimer à travers ce vecteur très personnel, en interprétant des chants traditionnels et en improvisant. Mon chant rejoint parfois les sonorités du quinton, se fond avec celles-ci, ou joue du contre-point. A travers la création de ce solo, je souhaite aussi faire entendre des voix qui me touchent (diffusion de collectages). Les voix de celles et ceux à qui on a ôté les langues, trop régionales.

